Je double des eroge à 16 ans et j’aime ça (ou Koe de Oshigoto!)

Et si tout le monde devenait doubleurs de jeux érotiques ?

« Le Japon est l’un des pays les plus sûrs du monde »… nous annonce Tourisme-japon.fr. En effet, le taux de criminalité y est l’un des plus bas. Vous vous dites, « mais quel est le rapport ? ». C’est tout simple. N’est-il pas étonnant que, dans un pays aussi sûr, des jeux (ainsi que d’autres médias) malsains, vulgaires et dégueulasses sortent à tout va ? Rappelons-le, le Japon abrite depuis 2001 la compagnie Illusion qui est spécialisée en jeux 3D érotiques. Bien sûr, ce n’est qu’une compagnie parmi des centaines d’autres. J’aimerais soulever une question plus ou moins intéressante : pourquoi le Japon autorise la vente de ces jeux ? Tout en sachant que certains impliquent du viol, de l’esclavage (entre autre), de la prostitution et autres joyeusetés. Je ne peux pas l’affirmer, mais je pense qu’en France (ou aux Etats-Unis), ce genre de jeux seraient tout simplement bannis. Je reviens sur mes toutes premières remarques, comme quoi le Japon est un pays très sûr. En effet, la plupart des gens se diraient que ce type de jeux serait mauvais pour la santé mentale de celui qui y joue. Exemple : un jeu parlant de viol et « prônant » celui-ci inciterait le joueur (de plus de 18 ans je rappelle, comme toujours) à réaliser ses « fantasmes » dans la réalité. Dans ce cas, pourquoi n’est-ce pas le chaos au Japon quand on sait que ces jeux sont libres à la vente ? Je pense que c’est une question réellement intéressante à aborder, mais que je ne vais pas traiter dans son intégralité au risque de faire un total hors-sujet. Disons, tout simplement, que le Japon autorise légalement la vente de jeux « immoraux » dont certaines féministes un peu partout dans le monde se sont déjà mêlées au point d’annuler la vente d’un d’entre eux.

Donc, comme vous devez l’avoir compris, je vais cette fois-ci parler d’un manga et d’un anime complètement immoral et honteux. Comme je le disais, le Japon est (probablement) l’un des seuls pays à produire des jeux érotiques en masse (que nous appellerons eroge pour plus de simplicité). Pourquoi cela me direz-vous ? Tout simplement parce qu’il y a un public derrière. Ce sont toujours, toujours les mêmes qui achètent les eroge. C’est une clientèle fidèle, qui est prête à mettre gros dans une super édition limitée qui tue avec une nouvelle route super trop bien avec la fille avec des couettes qui ne sert à rien. Seulement, ce n’est pas que ça, comme nous le raconte Ore no Imouto ga Konnani Kawaii Wake ga nai, c’est aussi une façon de vivre, une philosophie, une religion, bref, un monde de fous. Ces jeux sont à 80% sous forme de visual novel. Pourquoi encore une fois ? Car ça coûte moins cher à produire ! Un média qui incite à la lecture et aux belles figures de style sert de support à des jeux montrant moult parties du corps plus ou moins de bon goût. Mais ne nous étalons pas là-dessus. Parlons plutôt du staff derrière ces jeux plein de poésie (car c’est quand même du travail !). En effet, faire un travail lié aux eroge est équivalent à travailler dans la pornographie (sans blague). Pour preuve, beaucoup de personnes (notamment les doubleuses de ces jeux) utilisent un pseudo pour ne pas être reconnues. C’est un business sombre, les créateurs d’eroge passent presque pour des dealers, distribuant leurs réserves à des otaku à cran. Personne ne sait ce qui se passe dans ces compagnies étranges… C’est pour cela que Koe de Oshigoto! nous montre, à nous public ignorant, ce qui se passe pour de vrai (ou pas) dans ces endroits où la perversité est une qualité. Plus précisément, vous allez découvrir le dur travail qu’est doubleuse (aussi appelée seiyuu au Japon) d’eroge. Oui, doubleuse et non doubleur. Il faut savoir que dans énormément d’eroge, il est possible dans les options de retirer les voix d’hommes (ben oui on s’en fiche, on veut juste entendre la jolie voix de la fille et pas une voix de mec, c’est dégueulasse !). Pire, certains eroge sont entièrement doublés… sauf pour les hommes. C’est très perturbant d’entendre une voix pour le plus insignifiant des personnages secondaires juste parce que c’est une femelle, et de voir à côté que le personnage principal de sexe masculin n’a tout simplement aucune voix attribuée… Injustice ! Précisons tout de même que ceci est fréquent uniquement pour les eroge dont le public est constitué d’hommes (généralement, des jeux avec un héros principal et des tonnes de femelles lui tournant autour). On pourra remarquer l’inverse lorsque le public visé est de sexe féminin (les otome games en gros, des jeux avec énormément de héros masculins). Seulement, ces otome games ne constituent qu’une minorité des jeux du « genre » (les eroge). Ici, Koe de Oshigoto! ne parle donc que de jeux pour hommes. Il est temps d’ailleurs d’entamer la présentation de la série :

Un manga normal pour des gens normaux.

Dans le monde des anime borderline hentai, il n’y a pas foule. Généralement sortis directement en DVD, Bluray (donc des OVA), ces anime sont souvent très particuliers et destinés à un public tout aussi spécifique. Ce que j’apprécie personnellement dans ces anime, c’est qu’ils osent ce que d’autres cachent. L’humour est très gras, parfois lourd, et si honteux mais c’est ça qu’est bon. C’est dans cet esprit que j’ai lu Koe de Oshigoto!, dont le premier chapitre est paru en 2008 au pays du soleil levant. Bien sûr, inutile de préciser qu’aucune sortie française (ou anglaise) n’est prévue… puisqu’il aborde quelque chose de totalement illégal : une mineure doublant des jeux pour adultes sachant qu’elle consente plus ou moins. Plus immoral que ça tu meurs. Ainsi, l’histoire s’écrit sur un post-it : Kanna Aoyagi a 16 ans, lycéenne, et ne vit plus avec ses parents (ben oui normal). Cependant, elle vit avec sa grande sœur… qui travaille dans une compagnie d’eroge. Celle-ci propose donc tout simplement à Kanna d’être une seiyuu pour ses jeux crades. Au final, elle finit par accepter et c’est parti pour une aventure pleine… de scripts pervers et de situations plus malsaines les unes que les autres. Dit comme ça, ça ne donne pas forcément envie. J’ai l’impression de rabaisser ce manga en fait, alors qu’il est magnifiquement drôle. Évidemment, si vous n’êtes pas familiers avec le monde des eroge, vous risquez de moins sympathiser avec l’ensemble des personnages, mais je pense tout de même que ce manga peut cultiver certains (étonnant n’est-ce pas). On sent que l’auteur sait de quoi il parle ! En plus, Koe de Oshigoto! est son premier manga publié dans un magazine mensuel. Toutes ses autres créations sont des hentai pros ou des doujinshis du même genre. Vu les nombreuses scènes explicites dans Koe de Oshigoto!, on sent que l’auteur a en effet pas mal d’expérience dans le domaine. Cependant, ne vous méprenez pas, ce manga n’est point un hentai. Certes, il parle sans arrêt de sexualité en tout genre, mais jamais vous ne verrez les personnages nus en position indélicate.

Kanna a une capacité… très spéciale durant les enregistrements.

 

Pour moi, c’est la vraie force de ce manga (ne vous moquez pas). En effet, c’est cette borderline qui me plaît : on n’est pas dans du ecchi basique, ici, les dialogues sont plus explicites que jamais mais l’auteur arrive à nous faire des personnages moe et pas répugnants pour un sou. Faut le faire quand même. Une jeune fille de 16 ans qui dit des atrocités mais qui nous paraît adorable… C’est complètement contradictoire ! Mais c’est ce qui rend le manga hilarant de chapitre en chapitre. Le graphisme, comme vous pouvez le voir, est loin d’être exceptionnel. L’auteur débute tout juste ces débuts en tant que pro, et ça se voit. D’un côté, c’est très loin d’être ce qu’on attend de ce manga. Si vous aimez les situations stupides, les personnages relativement réalistes (c’est relatif encore une fois) et les parodies d’eroge alors foncez, ce manga est une bouffée d’air frais. L’auteur assume totalement le fait que son scénario soit vide, on ne s’ennuie pas malgré la redondance des scènes. Alors oui, évidemment, si vous voulez de la poésie, de la classe, de la trituration de méninges ne lisez pas ce manga bande de fous ! Mais franchement, qui n’a jamais rêvé de voir une jeune fille plus pure qu’un chaton confronté à la dure réalité que sont les jeux pour adultes ? (Cette phrase me fait passer pour quelqu’un d’ignoble…) Pire, confrontée à des gens qui adorent ce qu’ils font. Qui sont ces gens ? Pourquoi aiment-ils faire ça ? Bon, sans tomber dans la psychologie pure, le manga aborde ces questions de manière amusante. Contrairement à ce que je disais, le manga n’est point malsain, tout est pris avec humour malgré beaucoup de scènes explicites. Si vous ne supportez pas ce genre de choses, vous risquez de trouver ce manga horrible, d’être un hentai light, mais vous vous tromperez, vous n’êtes juste pas le public visé, voilà tout. À ce jour, 39 chapitres sont sortis en anglais, 6 tomes complets donc. La traduction de ceux-ci est très, très lente mais ça fait toujours du bien de lire un bon chapitre de Koe de Oshigoto! de temps en temps. Je ne pourrais pas comparer à un Yotsuba&! ou à un Azumanga Daioh… mais on a quand même ici une tranche de vie d’un nouveau genre. Ça innove et on est contents, rien de plus simple ! Les derniers chapitres ne sont pas franchement les meilleurs (on part dans une romance typée shoujo assez peu trépidante) mais rien que pour les premiers chapitres, ça vaut le coup de se lancer.

Les problèmes d’adolescentes ah la la !

Abordons  maintenant l’anime (adapté du manga donc). Deux épisodes sont sortis : un en 2010 et un autre en 2011. Alors oui, évidemment, ces deux épisodes ne couvrent que le tout début du manga mais sont absolument jouissifs (dans tous les sens du terme, peut-être ?). Aucun autre épisode ne compte sortir (manque de budget ?). Il faut plutôt voir l’anime comme une introduction vous permettant de vous intéresser au manga. Enfin franchement, un manga traitant du doublage… il fallait absolument un anime ! C’est comme faire un manga sur la musique quoi, il faut un anime dessus ! Bref, ici on est un peu dans le paradoxe : un anime traitant de seiyuu, embarrassées de dire toutes ces phrases perverses… On commence à se poser des questions sur le doublage de l’anime en lui-même. Est-ce que les doubleuses de Kanna et des autres ont été gênées de dire tout ça ? Enfin, ce n’est qu’un détail. Autrement, la réalisation de l’anime est vraiment honnête : c’est presque plus agréable à regarder que le manga. Le charadesign est parfait, et le côté mignon vire totalement avec les atrocités que l’on entend à tout bout de champ. L’animation atypique donne un certain charme, donc soit on adore, soit on déteste. Attention, bien que ce soit un anime non hentai, les scènes explicites sont toujours présentes. En effet, Kanna fantasme toujours sur les scènes qu’elle est en train d’enregistrer. Elle ne peut pas s’empêcher de l’imaginer sous ses yeux… Ce qui fait que, forcément, l’anime vous montre ce que Kanna voit… Pas de panique, tout est censuré mais ne vous attendez pas à de la subtilité. Comme je vous l’ai dit, c’est gras, lourd, pas de chichi ! Kanna est toujours aussi adorable, même quand elle est fière d’avoir réussi un enregistrement. C’est vraiment étrange de mélanger du moe à un anime aussi immoral. Précisons également qu’une histoire d’amour est envisagée pendant tout ce bordel. Deux adolescents complètements purs, tombant amoureux lors d’un enregistrement… Quoi de plus romantique ? Surtout qu’en plus, ils arrivent à se dire des perversités infâmes l’un en face de l’autre (pour le « travail » bien sûr). Mais dès qu’il s’agit d’avouer ses sentiments, ils sont tous les deux plus timides qu’une moeblob dans un harem. C’est vraiment frustrant, mais dans le bon sens car ça contraste totalement avec l’ambiance qui se créé lors de leurs enregistrements divers. On a presque l’impression d’assister à deux anime différents. Il fallait être fou pour pouvoir tenter le pari de l’adapter en anime, mais ils l’ont fait ! Quelque chose de ridicule, que l’on avait également dans le manga, Kanna entre en « transe » dès qu’elle est « excitée » pendant qu’elle fait un enregistrement… Bon, sans commentaire, c’est amusant et à la fois assez flippant de voir la jeune fille complètement droguée en train de débiter son script comme si sa vie en dépendait.

Hum, c’est du lait condensé sur son doigt hein. Et c’est une technique apparemment très répandue pour faire des bruits de « succion », si populaires dans les eroge…

En gros, c’est vraiment du n’importe quoi, mais ça respecte parfaitement le manga. J’ai vraiment adoré ces deux épisodes, et j’aurais vraiment voulu en voir plus. Ne prenez surtout pas cet anime et ce manga au premier degré, ou vous risquez de le trouver répugnant (et je vous comprendrai). Il faut mettre de côté l’immoralité de la chose, et appréciez le spectacle que l’on nous offre. Les pervers seront encore plus satisfaits, évidemment… À vous de voir si le synopsis vous parle, en tout cas moi j’en redemande. Au passage, je ne reverrai plus jamais les seiyuu d’eroge de la même façon. Par contre, je ne suis pas sûre qu’elles apprécient toutes à fond leur métier comme le laisse penser cet anime…

Note finale de l’anime sur MAL : 8/10

À voir et à revoir (entre amis de préférence pour plus de fun !). Pour profiter à fond de l’expérience, le manga est un incontournable. Je conseillerais de voir l’anime en premier pour se faire une idée globale du « scénario ».

Des talents d’actrice indéniables.

Publicités

4 Commentaires

Classé dans Anime, Manga, Reviews

4 réponses à “Je double des eroge à 16 ans et j’aime ça (ou Koe de Oshigoto!)

  1. Ouais enfin attention quand on parle du taux de criminalité au Japon, il faut vraiment se méfier des chiffres. Beaucoup de victimes de viol ne portent pas plainte (un peu comme au Pakistan, je doute que ce pays soit très sûr)

  2. Je vais peut-être regarder l’anime. C’est un point de vue intéressant et que l’on a vraiment pas l’habitude de voir qui est traité ici.

    Et je rejoins Faust, pour les chiffres, on nous donnes bien ce que l’on souhaite entendre.

  3. krixteraz

    « À voir et à revoir (entre amis de préférence pour plus de fun !) »
    Personnelement j’ai aimer et je l’ai montrer a des amis au lycée…Comment dire que maintenant je suis selon les personnes un génie ou un monstre pervers qui regarde des hentai en cours XD

Un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s